French and Italian
Rohan Prakash

L’importance de l’enseignement de la prononciation dans les cours de français au niveau universitaire et une piste proposée

  • Faculty Advisor

    Patricia Scarampi

Published On

June 2018

Originally Published

NURJ 2017-18
Honors Thesis

1. Présentation de la problématique

Dans l’enseignement du français comme langue étrangère dans les écoles et les universités américaines, nous remarquons un manque d’emphase sur la prononciation. Ceci est évident en voyant le trajet des méthodes et des approches de l’enseignement de langue étrangère depuis la méthode grammaire-traduction jusqu’à l’approche communicative. Les cours de français produisent des étudiants qui, dans la plupart des cas, sont capables de communiquer en français à un certain niveau qui est compréhensible pour un locuteur natif, mais ils n’atteignent pas le niveau d’un locuteur natif. Les connaissances grammaticales, lexicales et culturelles prennent un rôle important dans l’enseignement selon l’approche communicative et la prononciation ne devient importante que si elle constitue un obstacle à la compréhension. En effet, les étudiants n’apprennent pas comment articuler les sons du français auxquels ils ne sont pas habitués dès le début et donc ils ont de la difficulté à produire ces sons. Nous voulons identifier précisément les raisons pour lesquelles il n’y a pas une importance accordée à la prononciation dans les cours de langues aujourd’hui et trouver un moyen d’intégrer l’enseignement de la prononciation et la phonétique du français d’une manière simple et en dehors de la classe.

Nous pensons qu’il y a plusieurs raisons qui contribuent à ce manque d’emphase sur la prononciation. D’une part, du point de vue de l’enseignant, en utilisant l’approche communicative, on est satisfait avec une prononciation compréhensible, mais non-native. Alors, la grammaire et le vocabulaire sont beaucoup plus valorisés. D’autre part, la connaissance de la phonétique française n’a pas de place importante dans la formation des professeurs, et donc ceux-ci ne savent pas toujours comment expliquer l’articulation des sons aux apprenants d’une façon théorique ni pratique. Enfin, du point de vue de l’étudiant, la prononciation pourrait être un processus difficile, et on peut se sentir ridicule quand on pratique ces nouveaux sons. Donc les étudiants se concentrent plus sur la grammaire et le vocabulaire au début et ils ne se rendent compte de l’importance de la prononciation dans la communication que plus tard.

Pour remédier à cela, il faudrait trouver un moyen d’éviter ces difficultés en donnant dès le départ aux apprenants l’opportunité d’atteindre une prononciation native. Nous proposons un enseignement explicite de la prononciation et pour y aboutir, en raison des contraintes identifiées plus haut, nous avons voulu créer un site web disponible aux étudiants de français dans lequel se trouvent des explications et des exercices pour améliorer la prononciation. Le format d’un site web présente plusieurs intérêts. Il constitue une ressource riche à la disposition des étudiants tout en permettant aux enseignants de ne pas devoir utiliser du temps de cours pour l’enseigner et aux étudiants de pratiquer en privé, sans se mettre dans l’embarras et selon leurs besoins particuliers.

Pour mieux situer ce problème et la solution proposée, nous commencerons par expliquer pourquoi la prononciation représente en effet une partie importante dans l’enseignement d’une langue. Ensuite, nous ferons un résumé des méthodologies de l’enseignement de langue, en regardant l’évolution du rôle de la prononciation dans ces approches et méthodes. Ceci nous donne le contexte historique qui nous permet de comprendre pourquoi elle n’est pas explicitement enseignée. Nous examinerons aussi l’importance de l’enseignement explicite de la phonétique, ce que propose cette thèse. Ce parcours nous mène au rôle de la prononciation dans l’enseignement du FLE aujourd’hui. Pour examiner cette situation, nous l’avons approchée sous trois angles. D’abord, nous avons analysé des manuels souvent utilisés dans des cours de français dans les universités américaines pour voir comment ils traitent la prononciation. Ensuite, nous avons distribué une enquête aux étudiants de Northwestern dans des cours de français pour en savoir plus sur leur attitude envers la prononciation dans leurs cours. Enfin, nous avons donné une autre enquête aux professeurs de français à Northwestern pour connaître leur avis sur comment la prononciation doit être enseignée et la façon dont ils l’enseignent dans leurs cours.

Toute cette recherche nous a amené à proposer un site web qui présente des explications et des exercices de phonétique pour des étudiants de différents cours de langue à explorer indépendamment ou comme partie intégrante de leur cours.

2. La prononciation dans l’histoire de l’enseignement du FLE

En examinant la chronologie des méthodes utilisées pour enseigner le français comme langue étrangère, nous remarquons une progression vers une augmentation de l’importance de la communication. Or, même dans les méthodes plutôt communicatives, l’emphase sur la prononciation est diminuée jusqu’au cas où l’étudiant n’est plus compréhensible. Comme la prononciation n’est pas vraiment explicitement traitée dans ces méthodes, sauf la méthode par le silence, nous ne savons pas beaucoup sur l’enseignement de la prononciation. Il semble que la plupart de cet enseignement se passe implicitement. En effet, les capacités de compréhension et d’expression orales semblent englober la prononciation dans les modèles aujourd’hui, ce qui cause un problème parmi les étudiants qui ne distinguent pas entre savoir parler et savoir prononcer.

Cela nous mène à la question de l’importance d’un enseignement explicite de la prononciation. Selon les méthodes actuelles, à moins que la prononciation n’empêche la compréhension, elle n’est pas corrigée. Il n’y a pas d’explications détaillées de l’articulation des différents sons du français.

3. L’importance de l’enseignement explicite de la phonétique

La communication orale du point de vue phonétique repose sur des aspects segmentaux (des sons) et des aspects suprasegmentaux (l’intonation et l’accentuation). Au niveau segmental, il est important d’avoir une bonne articulation et de distinguer entre les mots eux-mêmes. Parfois, le sens d’une phrase peut changer à cause d’une mauvaise articulation segmentale. Par exemple, la différence entre « Tu vas bien. » et « Tout va bien. » est subtile où il n’y a qu’une voyelle qui est différente ([y] dans « tu » et [u] dans « tout ») mais le sens de cette phrase change. Notons d’ailleurs que la distinction entre le [y] et [u] est un problème commun des apprenants anglophones. La seule différence de prononciation entre ces deux voyelles est que l’un est antérieur et l’autre est postérieur. Au niveau suprasegmental, qui inclut l’intonation et l’accentuation, nous pouvons considérer la phrase affirmative « Tu viens avec nous. » et la phrase interrogative « Tu viens avec nous ? » Dans cet exemple, le sens change selon l’intonation.

Bien sûr, comme ces confusions ne vont pas souvent arriver dans un contexte de communication quotidien, ignorer ces règles ne constituera pas un malentendu, pourtant ces règles peuvent aider les interlocuteurs à comprendre plus facilement et plus rapidement ce que le locuteur veut dire.

Selon une étude de Kathleen Ensz qui a analysé les réactions des francophones aux erreurs grammaticales et phonétiques dans le discours des apprenants anglophones du français, on a trouvé que tandis que les erreurs grammaticales sont les plus intolérables pour les francophones, il y a tout de même une préférence signifiante pour le discours plus proche d’un locuteur natif, même si l’approche communicative soutient que la prononciation ne doit pas être corrigée, sauf si elle devient un obstacle à la communication. [1]

1. Kathleen Y. Ensz,  "French Attitudes toward Typical Speech Errors of American Speakers of French." The Modern Language Journal 66.2 (1982): 133-39. Web.

La recherche dans l’enseignement de la phonétique n’est pas très étendue, même dans l’enseignement de l’anglais. [2] Face à cette limitation, nous utilisons aussi des résultats des études de l’enseignement de l’anglais. Cristina Aliaga-Garcia de l’Université de Barcelone a démontré dans son étude que l’enseignement explicite de la phonétique pour des apprenants de l’anglais pendant une courte période de temps a produit des effets importants à court terme chez les étudiants. De plus, elle montre que la prononciation n’est pas automatiquement apprise par des méthodes implicites. [3] Similairement, Deborah Artega soutient que l’enseignement explicite de la prononciation dans la classe est très important (par rapport à l’absence de cet enseignement ou à l’enseignement qui se trouve uniquement dans les cahiers d’exercices des manuels). [4]

2. Jun Deng, Amy Holtby, Lori Howden-Weaver, Lesli Nessim, Bonnie Nicholas, Kathleen Nickle, Christine Pannekoek, Sabine Stephan, and Miao Sun. "English Pronunciation Research: The Neglected Orphan of Second Language Acquisition Studies?" PMC Working Paper Series (2009). Department of Educational Psychology, University of Alberta. Web.

3. Cristina Aliaga-García, "The Role of Phonetic Training in L2 Speech Training." University of Barcelona. Web.

4. Deborah L. Arteaga, "Articulatory Phonetics in the First-Year Spanish Classroom." The Modern Language Journal 84.3 (2000): 339-54. Web.

4. La prononciation dans l’enseignement du FLE aujourd’hui

4.1. Analyse des manuels

Nous avons d’abord analysé des manuels communs utilisés dans les universités américaines pour savoir comment la prononciation est traitée. Les questions pertinentes que nous avons examinées sont si une section de prononciation existe, si la section fait partie de la séquence d’apprentissage, si elle apparait comme une section dans la table des matières, si les exercices visent une pratique de la prononciation (le travail des sons difficiles) ou bien simplement une pratique de l’oral (répétition de phrases), si on travaille des sons pertinents pour les apprenants (les sons difficiles pour les anglophones, par exemple), si on travaille la prosodie (l’intonation, l’accent tonique, etc.) et quelle méthodologie est utilisée (des exercices d’écoute, des explications phonétiques, des exercices de discrimination, etc.).

Parmi ces manuels, il semble qu’Alter-Ego, Espaces et Contacts contiennent les programmes les plus extensifs qui couvrent une grande partie des aspects de la phonétique. Cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’un bon choix pédagogique car nous pensons qu’il vaut mieux se concentrer sur des sons difficiles pour des anglophones, surtout dans un cours pour des débutants. Cependant, Alter-Ego ne contient pas d’explications pour les sujets qu’il traite. Dans cette optique, Espaces peut être considéré comme meilleur puisqu’il y a un choix plus précis de sujets par rapport à Contacts. Espaces et Contacts malheureusement ne donnent que des exercices de répétition, tandis qu’Alter-Ego propose des exercices variés. L’enseignement de la phonétique avec Espaces et Contacts est plutôt passif sauf si l’enseignant décide de le faire autrement et d’y ajouter des exercices de discrimination ou des enregistrements. En même temps, l’enseignement avec Alter-Ego nécessite plus de travail de la part de l’enseignant pour ajouter des explications aux sujets.

Du point de vue des exercices, Vis-à-Vis et Motifs ont l’avantage. Ils présentent des exercices avec les explications qui manquent dans Alter-Ego. De plus, les sujets dans Vis-à-Vis sont mis en contexte avec ce que les étudiants apprennent dans le chapitre où se trouve la leçon de prononciation et les difficultés pour les anglophones sont traitées.

4.2. Opinion des étudiants et des enseignants

Nous avons aussi créé deux enquêtes, une pour des étudiants de français dans les cours de 111, 115, 121, 125, 202 et 305 pour connaître l’avis des étudiants de tous les niveaux de français, et une pour des professeurs qui enseignent ces cours de langue à Northwestern.

Les résultats de l’enquête donnée aux étudiants ont confirmé nos hypothèses. Les étudiants pensent qu’il faut mettre plus d’emphase sur la prononciation. De plus, il est encourageant que les étudiants eux-mêmes veulent qu’il y ait plus d’emphase. Nos hypothèses se confirment complètement aussi dans l’idée d’un site web qui pourrait aider les étudiants à améliorer leur prononciation. La plupart des étudiants utiliseraient un site web s’il était offert. De plus, les résultats de l’enquête donnée aux professeurs ont confirmé que les professeurs utiliseraient ce site web dans leurs cours aussi.

Globalement, il semble que les enseignants et les étudiants sont en accord sur l’importance de la prononciation et les obstacles qui les empêchent d’y travailler plus dans les cours, comme le manque de temps et la peur de faire des erreurs en classe. Cette enquête auprès des enseignants nous aide à corroborer ce que les étudiants ont dit et confirment notre hypothèse que la prononciation n’est pas assez travaillée et qu’un site web que les étudiants pourraient utiliser chez eux indépendamment est une solution possible.

5. Développement du site web

Toutes nos recherches nous amènent à la proposition d’un site web contenant des leçons sur la prononciation que les apprenants peuvent utiliser en complément de leurs cours.

Nous voulons que l’apprenant soit conscient des caractéristiques du système phonologique. A travers le programme, comme nous nous concentrons sur les parties de la phonétique française qui sont les plus difficiles pour des apprenants anglophones, nous voulons éliminer au moins les plus grandes fautes commises par les apprenants pour qu’ils soient suffisamment clairs dans leur communication. Ce site web ne constituera pas un cours complet de phonétique. L’intention est de créer un outil qu’un étudiant peut utiliser comme supplément de son apprentissage de la langue dans le cours. Nous aimerions que les professeurs intègrent ces modules dans leurs cours peut-être comme un supplément pour les devoirs.

Quant au parcours pédagogique, nous valorisons les sujets qui posent des problèmes pour les anglophones. La plupart des sons, à l’exception des sons /i/, /u/, /ɔ/, /ɛ/ et /ɑ/ sont différents dans chaque langue sans équivalence évidente. Nous voyons aussi une tendance des anglophones à diphtonguer les voyelles comme cela se fait en anglais. Par conséquent, les apprenants anglophones ont tendance à prononcer le son français /e/ comme la diphtongue anglaise /ei/. Dans l’autre sens, il y a aussi plusieurs sons qui n’existent pas en anglais, ce qui est le cas des voyelles nasales françaises et des sons /y/, /œ/ et /ø/.

De plus, il y a quelques différences dans l’articulation des consonnes. Selon Dansereau, il y a plus de tension musculaire dans la production des consonnes françaises que celle de leurs équivalentes en anglais. Il y a aussi une absence d’aspiration initiale, surtout dans les occlusives sourdes qui sont normalement aspirées en anglais. Le lieu d’articulation est aussi plus antérieur en français. Dansereau observe également une détente finale en français pour des consonnes prononcées à la fin des mots isolés ou des groupes rythmiques, « on doit rompre le contact articulatoire et rouvrir la bouche. » Par contre en anglais, nous avons tendance à laisser la bouche fermée après ces consonnes.

5. Diane M. Dansereau, Savoir Dire: Cours De Phonétique Et De Prononciation. 2nd ed. N.p.: Houghton Mifflin, 2006. Imprimée.

Avec ces sujets qui causent des problèmes pour les anglophones, nous avons créé des leçons dans une progression à partir du niveau A1 au début du niveau B1. Ceci est aligné avec les principes de l’approche communicative où la prononciation doit être assez claire pour que l’interlocuteur puisse comprendre.

Conclusion

Nos hypothèses pour ce projet étaient que la prononciation est une partie de l’enseignement du français langue étrangère qui n’est pas mise en valeur, à cause de l’évolution des méthodes d’enseignement qui ne se concentrent pas sur la prononciation à moins que l’apprenant ne soit incompréhensible, et à cause d’un manque de ressources et de temps chez le professeur et l’apprenant pour se consacrer plus à la prononciation, alors que la grammaire et le vocabulaire prédominent.

Nous avons pu tracer ce manque de valeur par le parcours des méthodes d’enseignement de langue étrangère qui était passé d’une méthode grammaticale et écrite à une méthode qui se concentre sur la conversation et puis la communication mais avec moins d’emphase sur la prononciation. Les méthodes au début du vingtième siècle se préoccupaient plus de l’utilisation de la langue écrite, et même quand l’oral était intégré dans les méthodes, l’emphase était sur la communication et pas sur la bonne prononciation.

Nous avons administré une enquête aux étudiants de français et aux professeurs de langue française à Northwestern pour solliciter leur avis sur la prononciation dans leurs cours de langue. Nous n’avons pas trouvé un manque de considération pour l’apprentissage chez les étudiants et les professeurs de français à Northwestern à qui nous avons donné l’enquête. Cependant, une majorité des participants ont indiqué qu’il n’y avait pas assez de temps ou de ressources dans le cours et chez eux pour pratiquer la prononciation.

Nous avons aussi examiné plusieurs manuels de français pour analyser le contenu qu’ils offrent sur la prononciation. Nous avons identifié quelques manuels, Alter-Ego, Espaces et Contacts, qui présentent des programmes extensifs et utiles pour la prononciation. Nous savons donc qu’il y existe une ressource pour pratiquer la prononciation disponible aux étudiants et aux professeurs qui utilisent ces manuels.

Pour ajouter une autre ressource pour tous, nous avons proposé un site web comme solution, dans le but d’être toujours accessible avec des modules que les étudiants peuvent utiliser pour pratiquer la prononciation quand ils le souhaitent. Les professeurs ne doivent pas utiliser de temps pendant les séances de leurs cours pour enseigner la prononciation, mais ils peuvent toujours montrer le site web aux étudiants comme ressource supplémentaire.

Pour mieux construire le site web, il fallait d’abord préciser les points de prononciation importants et difficiles pour des apprenants anglophones et les buts pédagogiques des activités. D’abord nous avons comparé les deux schémas des sons dans chaque langue pour voir où se trouvent les grandes différences. Nous avons pu identifier des sons comme [y], [r], [œ], [ø] et les nasales comme les plus exigeants pour un apprenant anglophone, mais nous rajoutons aussi des aspects prosodiques uniques à la langue française comme l’intonation, l’élision, la liaison et l’enchaînement et le rythme. Ensemble, ces points forment des modules pour notre site web.

Comme but pédagogique, le site vise à rendre les apprenants au moins plus conscients de ces différences phonétiques et prosodiques entre l’anglais et le français et de reconnaître ces différences dans leur usage de la langue. L’intention n’est pas de créer un cours intégral de phonétique française, mais plutôt une introduction à la phonétique pour mieux former la base pour un apprenant qui pourrait continuer son apprentissage de la phonétique française dans un cours dédié à ce sujet.

Nous croyons que le site web proposé pourrait être utile pour tous les apprenants de français dans un cours de langue. Ce site aidera un étudiant à améliorer sa perception des sons français pour mieux reconnaître l’articulation des sons ainsi que les distinctions entre les sons français et les sons anglais. Ceci peut mettre les étudiants sur la bonne voie pour la prononciation dans leur apprentissage du français, et nous pensons que c’est un élément nécessaire et un complément utile de tout programme de langue.

ABOUT THE AUTHOR

Rohan Prakash graduated from Northwestern University in 2017 with a Bachelor of Science degree in Education and Social Policy. He focused on secondary math education and French as a double major. He is interested in researching and implementing new pedagogical techniques and models to develop stronger understanding of underlying concepts in both math and French. Currently he works as a math teacher at Homestead High School in Cupertino, California.

BIBLIOGRAPHY

Aliaga-García, Cristina. "The Role of Phonetic Training in L2 Speech Training." University of Barcelona. Web.

Arteaga, Deborah L. "Articulatory Phonetics in the First-Year Spanish Classroom." The Modern Language Journal 84.3 (2000): 339-54. Web.

Dansereau, Diane M. Savoir Dire: Cours De Phonétique Et De Prononciation. 2nd ed. N.p.: Houghton Mifflin, 2006. Imprimée.

Deng, Jun, Amy Holtby, Lori Howden-Weaver, Lesli Nessim, Bonnie Nicholas, Kathleen Nickle, Christine Pannekoek, Sabine Stephan, and Miao Sun. "English Pronunciation Research: The Neglected Orphan of Second Language Acquisition Studies?" PMC Working Paper Series (2009). Department of Educational Psychology, University of Alberta. Web.

Ensz, Kathleen Y. "French Attitudes toward Typical Speech Errors of American Speakers of French." The Modern Language Journal 66.2 (1982): 133-39. Web..